Le château blanc - Orhan Pamuk
Une histoire intime de l’interaction entre un esclave et son maître dans la Turquie du 17ème siècle. Ce livre est la chronique de deux hommes qui apprennent à se connaître, se respecter avec méfiance, et finalement envier leur situation respectives à tel point que le maître va usurper l’identité de son esclave pour échapper à la colère du sultan.
L’histoire du livre est racontée et pourtant je n’ai rien révélé. Toute la subtilité de cet ouvrage par le lauréat du Prix Nobel de Littérature en 2006 réside en l’analyse de l’interaction entre les deux personnages. L’écriture à la première personne donne une dimension encore plus subjective qui fait qu’à la fin du livre, on ne sait plus que croire ni qui juger.
Une lecture lente, comme ces longues années que le narrateur passe loin de chez lui, de l’histoire de deux hommes dont la ressemblance physique est le germe de l’histoire. Au fur et à mesure de leurs interactions, le maître devient malgré lui esclave, et l’esclave prend le pouvoir. Leur caractère, leur apparence physique se diffusent lentement de l’un dans l’autre, jusqu’à l’échange final de personnalité.
Le château blanc n’est pas un livre à lire d’une traite. Il faut prendre son temps, découvrir les motifs cachés du narrateur, un personnage à part entière avec ses défauts. Alors on découvre une vérité impermanente, qui évolue avec la personnalité du narrateur, mais qui n’en est pas moins vraie.


