La passion du Chirst - Mel Gibson
Lorsque j’ai entendu parler du film de Mel Gibson sur la passion du Christ en langue originale, je n’avais pas beaucoup d’espoir quant à la qualité du produit final. Bonne surprise, c’est un film qui mérite un petit détour. Le fait que les acteurs parlent latin (pour les romains) et araméen (pour les juifs) rend l’expérience plus réaliste. On découvre l’opposition entre les deux mondes qui se côtoient, l’envahisseur romain et les locaux. Derrière l’histoire connue de la crucifixion, Mel Gibson nous montre les différentes forces politiques en action et leur influence sur le destin final de Jésus. Une mention spéciale pour Ponce Pilate dont le dilemme entre la justice ou préserver une paix toute relative dans une province déjà agitée est particulièrement bien rendu. C’est probablement le personnage le plus intéressant du film.
Le film met aussi l’accent sur l’humanité des protagonistes, particulièrement les juifs. Il ouvre sur un Jésus terrorisé par son destin futur, des apôtres endormis alors qu’ils devaient montrer la garde. Marie est une mère éplorée mais forte, supportée par Marie-Madeleine tout aussi bouleversée. Du côté des romains, Mel Gibson préfère jouer la carte de la caricature. Tous les légionnaires semblent être soit ivres, soit particulièrement stupides et cruels. La scène de la flagellation (âmes sensibles s’abstenir) est tellement violente qu’elle est à la limite de la comédie de mauvais goût.
Et c’est là le principal point négatif du film. Mel Gibson a voulu greffer sur une histoire universelle, les concepts du drame américain. Il y a les bons (Jésus, sa mère) et les méchants (les romains). Il s’est senti obligé d’accentuer cette différence, de répéter les gros plans du visage meurtri de Jésus, d’intensifier la cruauté des soldats romains, tout en essayant de respecter l’histoire originale qui est plus nuancée. Cela donne un film parfois répétitif (la souffrance de Jésus devient presque banale) et légèrement incohérent (la différence de comportement entre les supérieurs hiérarchiques romains et les simples légionnaires).
En résumé, La passion du Christ nous offre une représentation relativement réaliste de l’histoire biblique, le tout assaisonné à la sauce américaine. Un film à voir pour le degré de réalisme, mais qui n’apporte rien de nouveau à l’histoire elle-même.
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