Le câlin commence avec la vue, le maître de mes sens. Je te contemple, objet de ma conquête, et tu retournes le compliment. Reconnaissance de ton corps. Redécouverte du territoire familier où j’aime à me perdre. La force de ton charme m’attire. Je résiste. Mes yeux s’attardent, en demandent un peu plus. Si je m’approche, je perds la vision d’ensemble, la maîtrise du terrain. La vue est obligée de déléguer ses pouvoirs à des sens moins parfaits, moins objectifs. Pourtant là est tout le jeu du câlin. Un abandon, une décision de partialité. Lire la suite de l’article »
Aujourd’hui, je vous propose une demi-heure de détente avec Anika’s odyssey (l’odyssée d’Anika) , un jeu pointer-cliquer simple et agréable. Les concepteurs sont Néo-Zélandais mais le jeu n’utilise que l’image et le son pour raconter son histoire. Une leçon de narration universelle!
L’origami pour moi est avant tout une vision japonaise de l’art et de la vie en général : partir de règles très contraignantes et développer des techniques extrêmement raffinées. Que ce soit la cérémonie du thé ou le kyodo (tir à l’arc traditionnel), ces pratiques visent tout autant à réaliser quelque chose de beau qu’à atteindre une paix intérieure. L’origami n’est pas différent. Quiconque a entrepris de plier même une simple grue sait que calme et concentration sont nécessaires à sa réalisation.
MySpace, c’est souvent des invitations à aller regarder des webcams de blondinettes qui sont trop innocentes pour comprendre pourquoi leurs photos de nu ont été bloquées par les modérateurs… mais parfois c’est ça : Edi. De nulle part, ce parisien de 25 ans qui m’envoie une invitation à devenir son ami.
Et là je découvre des textes poétiques, des histoires certes tristes mais sublimées par la mélodie des mots et des images évoquées. La vidéo que j’ai attachée au billet mélange avec brio des revendications sur l’Amazonie et sur les conditions des employés de maison dans les familles aisées en France, le tout supporté par une simple mélodie au piano.
Edi est un poète, il déclame ses textes entre la violence du rap et l’emphase guindée d’une tragédie grecque. Il y met tout son cœur, et on ne peut s’empêcher d’être entraîné avec lui. À découvrir !
Vendredi soir, retour de boulot, fatigué, seul. Le froid de Novembre traverse pour la première fois la toile fine de mon pantalon de costume. J’avais oublié que c’était « Casual Friday ». Avec mon complet noir, j’ai eu l’impression d’être un mafioso en vacances chez les hippies. Nous avons bien ri, surtout eux. Elle est assise à l’arrêt de bus et claque des dents de concert avec moi. Elle semble nerveuse, elle regarde sa montre, elle regarde autour d’elle. Nos regards se croisent. Elle sourit brièvement, interrompue par l’arrivée du bus 21 et de son nuage de diésel mal brûlé. D’un mouvement fluide, elle disparaît dans le bus. C’est à ce moment que je ressens la solitude. Elle a laissé un vide, un espace sur le bitume moucheté de chewing gum qui ne sera jamais comblé, quelle que soit la densité de passagers en attente de la boîte de conserve qui les emmènera vers le week-end. Lire la suite de l’article »
Réalisé par Guillaume Canet avec François Cluzet. Adapté d’un roman de Harlan Coben. Il y a huit ans, la femme d’Alex Beck est assassinée. Aujourd’hui, elle lui envoie un courriel. (Allo Ciné)
Un thriller à la française. Pas de trafic de drogue intercontinental, pas de conspiration au sommet, mais plutôt des affaires intimes, personnelles auxquelles on peut s’identifier, le tout épicé d’une histoire d’amour tragique.
Guillaume Canet aurait pu tomber dans le piège du mélodrame mais il souligne la tristesse d’Alex de façon subtile mais poignante. Le scénario est bien ficelé. Le suspense monte en crescendo jusqu’à la révélation finale où tous les morceaux du puzzle s’emboîtent pour former une histoire cohérente.
La grève des scénaristes d’Hollywood (billetsprécédents) me tient beaucoup à cœur, car j’ai le sentiment que c’est l’avenir profession toute entière qui est en jeu. Une bref recours à Monsieur Google (je traite mon moteur de recherche avec beaucoup de déférence) montre clairement que les revendications outre-atlantique nous passent bien au dessus de la tête. À l’heure ou j’écris la première mouture de ce billet, les titres parvenant en tête de la recherche « grève des scénaristes », on obtient des résultats du genre « Soulagement dans la grève des scénaristes : « LOST saison 4″ bel et bien maintenu pour cette saison ! » (Buzzline). Il faut creuser un peu plus profond pour découvrir un article plutôt factuel du Monde titré « Hollywood sans ses plumes », dans lequel les revendications des écrivains clairement et succinctement décrites. En quelques mots, la revendication principale des écrivains est la participations aux bénéfices réalisés dans la distribution de DVD ou sur internet (et à raison de quelques pour cents) . Lire la suite de l’article »
Pour ceux qui, comme moi, n’ont jamais compris les cours de topologie en prépa, et pour les autres qui ont eu la bonne idée de ne jamais se poser ce genre de question, voici une superbe vidéo qui vous montre en 20 minutes (et en anglais, mais les images parlent d’elles-mêmes) comment retourner une sphère sur l’envers. Les règles sont un peu spéciales :
Pas de trou dans la sphère
Pas de pincement sur la surface
Mais la surface peut passer au travers d’elle même
Une vidéo (en anglais) explique la raison pour laquelle les écrivains d’Hollywood sont en grève. En attendant de trouver un meilleur modèle de rémunération des artistes, je supporte complètement ce mouvement, et je trouve que leurs revendications sont mêmes très modestes étant donné la précarité de la profession !
Des mélodies entraînantes, des textes réalistes relatant la vie des cinq jeunes qui forment Arkol (site MySpace). Voici On aurait dit qu’on était bien, leur dernier album en date. Une vision parfois pessimiste, parfois romanesque de la vie de jeunes qui atteignent la trentaine à l’aube du XXIème siècle en France.
La progression de l’album est inhabituelle puisqu’elle commence par les chansons les plus dures, et celles que personnellement j’aime le moins. La deuxième partie, à partir de Mon amoureuse, est nettement plus à mon goût car les mélodies sont plus travaillées et les textes offrent des histoires plus nuancées. Lire la suite de l’article »